Prisonnière de son appartement Chandler, le 17 aout 2009 sur Cyberpresse.ca Source: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/les-regions/200908/16/01-893026-prisonniere-de-son-appartement.php Gilles Gagné, collaboration spéciale Le Soleil (Chandler) Quand Rolande Rehel sort de son logement de l'arrondissement Pabos de Chandler, c'est en ambulance. Il s'agit du seul moyen de locomotion s'offrant à cette dame paraplégique de 56 ans, parce que la demeure où elle loge avec son conjoint et son fils n'est pas adaptée à sa condition. Elle y vit depuis 2004. La maison est récente et en bon état mais le rez-de-chaussée est situé à une dizaine de marches au-dessus du stationnement. On n'y trouve pas de rampe sur laquelle Mme Rehel pourrait rouler avec son quadriporteur. «Je suis prisonnière de mon logement. Je dois prendre l'ambulance pour aller à un examen de routine à l'hôpital. J'ai eu un scan [examen de tomodensitométrie] le 30 juillet et je suis allée en ambulance. J'ai une autre sortie le 26 août, chez la gynécologue. En ambulance», raconte Mme Rehel. Elle se tient debout à l'aide de deux cannes mais elle ne peut emprunter l'escalier, trop étroit pour que des gens la soutiennent de chaque côté. «Je n'ai pas le droit de monter ou de descendre les escaliers. Mon médecin dit que c'est trop dangereux», note-t-elle. Jusqu'en 2004, elle vivait dans un autre logement, au rez-de-chaussée, avec rampe. Le propriétaire l'a vendu et elle a été forcée de déménager. Il n'y avait pas de logement adapté à son état et elle est entrée dans la maison de la route Leblanc. Elle y est depuis. «Avant 2004, je pouvais me déplacer, choisir mes vêtements, aller voir du monde sur le trottoir avec mon quadriporteur, faire l'épicerie quand il n'y avait pas de neige. J'aime la musique et je pouvais sortir. J'avais une vie sociale. Je n'en ai plus», assure Mme Rehel, qui n'a qu'un balcon pour respirer l'air du dehors. Paraplégique depuis l'âge de deux ans et demi, Mme Rehel a tout de même réussi à avoir deux enfants et elle insiste pour faire l'essentiel de son ménage. Cinq ans d'attente La maison qu'elle habite est située le long d'une route sans trottoir et sans accotement asphalté où elle pourrait rouler en quadriporteur. La circulation y est rapide : «La solution, c'est de déménager dans un rez-de-chaussée au centre-ville de Chandler, où il y a des trottoirs. On m'a offert un logement au Domaine, mais c'est une résidence pour personnes âgées. Je ne pourrais pas recevoir la visite pour coucher de ma petite-fille et je devrais mettre mon fils dehors», précise-t-elle. Elle s'étonne qu'aucune solution n'ait été trouvée en cinq ans. Au Centre de santé et de services sociaux du Rocher-Percé, on refuse de commenter un cas particulier mais une infirmière indique que son cas est «prioritaire». L'organisme préfère que l'Agence de santé et de services sociaux de la Gaspésie et des Îles renseigne la presse sur la situation. Le directeur de l'Agence, Gilles Pelletier, dit qu'il y a bien sûr un budget pour modifier des logements afin de répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite et que son organisme travaille intensément depuis quelques années à la préparation d'un programme d'adaptation de domicile qui accélérerait la réalisation de modification des logis. «On a décidé de se donner un projet-pilote et c'est le territoire du Rocher-Percé qui a été choisi pour mettre à l'épreuve le programme», assure-t-il. Au Québec, le délai moyen d'attente pour obtenir un logement adapté est de 36 mois. Une partie de l'attente s'explique par des interventions touchant plus d'un ministère. |