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Le point sur la repousse des neurones

Paru le 6 aout sur Nouvelobs.com

Source :
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2335/articles/a406549-.html


Une équipe française (CNRS, Inserm) travaille à la mise au point d'un traitement qui pourrait favoriser la régénération des neurones de la moelle épinière après un traumatisme, et prévenir ainsi la paralysie motrice. Auparavant, Alain Privât, de l'Inserm, avait identifié la raison pour laquelle, après une lésion de la moelle épinière, les fibres nerveuses ne se régénèrent pas et refusent de se raccorder : lors d'un accident, les astrocytes (cellules nourricières des gaines protectrices) sécrètent des protéines spéciales qui mettent hors circuit le neurone endommagé. Ceci pour éviter la perturbation du système nerveux central. D'où l'apparition d'un tissu cicatriciel imperméable, «une sorte de grillage hostile à la régénération axonale, et donc à la propagation de l'influx nerveux». Qr les chercheurs pensent avoir trouvé le moyen de contrer le phénomène : la thérapie génique, qui consiste à introduire, dans le génome des astrocytes, un virus porteur d'une séquence génétique qui leur interdit de synthétiser les protéines isolantes. L'expérience en a été faite in vitro, sur des cultures neuronales. Les résultats - très encourageants - viennent d'être publiés dans la revue en ligne PLoS ONE.

Mieux : «La confirmation in vivo est en cours», confie Alain Privât. Des souris, à la moelle épinière volontairement lésée, ont ensuite reçu la thérapie génique qui devrait leur éviter la paralysie motrice. Les résultats d'une première série d'essais sont en cours d'analyse, et les chercheurs refusent d'en dire davantage avant publication. Sauf pour préciser que chez la souris, à la moelle épinière minuscule, on dispose d'«un créneau d'au moins vingt-quatre heures après l'instant de la lésion». Alors, même si cela reste à prouver, «l'extrapolation chez l'homme laisse espérer que l'on pourrait compter sur un délai d'intervention nettement plus long». A la mesure de la différence de dimension entre la moelle épinière de la souris et celle de l'homme.

Fabien Gruhier
Le Nouvel Observateur


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