© Agence QMI/Luc Cinq-Mars
Les listes d’attente pour consulter un spécialiste sont si longues que la Société pour les enfants handicapés du Québec a choisi de mettre sur pied sa propre clinique de services en réadaptation et ce, sans piger dans les deniers publics.
Ce centre thérapeutique, qui offrira les services de trois professionnels en physiothérapie, ergothérapie ainsi qu’orthophonie à des enfants handicapés, ouvrira ses portes dès janvier 2010. On estime à 230 000$ la somme nécessaire pour démarrer la clinique.
«Nous n’avons pas le choix. Ça prend en moyenne six mois avant de rencontrer un spécialiste en milieu hospitalier et il y a des listes d’attente de 2 ans pour un physiothérapeute, un ergothérapeute ou encore un orthophoniste. Ce sont pas tous les parents qui ont les moyens de se tourner vers le privé alors qu’une séance peut coûter entre 85$ et 120$ de l’heure», soutient Chantale Théroux, directrice des relations communautaires.
«Ce besoin existe depuis des années et on est à même de constater quotidiennement la détresse des parents. Comme le gouvernement n’agit pas, nous avons décidé d’aller de l’avant car les enfants ne peuvent pas attendre: ils ont besoin d’aide maintenant», explique-t-elle.
Appelé à commenter, le directeur général du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, s’est dit «scandalisé» et a même invité les parents d’enfants handicapés à «mettre en demeure le gouvernement qui est incapable de donner les soins nécessaires aux enfants qui y ont droit, comme tout individu».
«À mesure que le système ne sera plus capable de fournir des services, il y aura plein de belles initiatives comme celle-là qui sont excellentes, mais qui ne règlent pas le problème. Au lieu de donner des soins ponctuels rapidement aux enfants, on laisse leur état se détériorer ce qui coûtera plus cher à l’État de toute façon, éventuellement», avance-t-il.
Du côté de la ministre déléguée aux Services sociaux, on se dit «conscient» de l’importance d’intervenir rapidement, malgré la pénurie de personnel qui touche l’ensemble du réseau de la santé.
«Depuis 2003, nous avons investi 178 millions pour les personnes handicapées. C’est clair que dans un monde idéal, il n’existerait pas de liste d’attente mais on part de loin» a commenté le porte-parole Harold Fortin.
À ce jour, la Société a reçu une seule réponse positive sur les 115 fondations contactées pour participer à ce projet.